BeOS : le bolide écrasé au péage

BeOS : le bolide écrasé au péage

Au milieu des années 90, pendant que Windows 95 ramait sur un fichier MIDI, un OS extraterrestre décodait huit vidéos en parallèle sans une seule saute d'image.

Fondé par Jean-Louis Gassée, ancien cadre d'Apple au bagou légendaire, BeOS est conçu dès le départ pour humilier la concurrence. Pas d'héritage poussiéreux hérité du DOS ou du premier Macintosh : ici, tout est taillé pour le futur. Multithreading préemptif symétrique, système de fichiers 64 bits indexé comme une base SQL et micro-latence absolue. Sur une machine biprocesseur, l'OS tournait avec une insolence déconcertante.

En 1996, Apple est au bord du gouffre avec son Système 7 moisi et cherche désespérément une planche de salut. Gassée flaire le hold-up et réclame 300 millions de dollars à son ex-employeur. La négociation traîne, Steve Jobs en profite pour débouler par la porte dérobée avec NeXTSTEP sous le bras, rafle la mise et renvoie BeOS à ses chères études.

Pour achever le blessé, Microsoft sort sa spécialité maison : menacer d'étouffer les fabricants de PC (Compaq, Hitachi) qui oseraient proposer BeOS en double amorçage d'usine. Privé de canaux de distribution et sans suite bureautique majeure, le joyau d'ingénierie sera bradé à Palm en 2001 pour une poignée de cacahuètes, laissant derrière lui un clone open-source (Haiku) et d'éternels regrets pour l'informatique moderne.

- Un jour c'est le futur et le lendemain tout parait vieux ...

Source : https://www.haiku-os.org/about/history