Wing Commander : un crash habillé en smoking

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Wing Commander : un crash habillé en smoking

Coder un space-opera révolutionnaire sur MS-DOS relevait de la haute voltige dans une baignoire d'acide. À quelques encablures de la duplication des disquettes de Wing Commander, l'équipe découvre l'horreur : le jeu tourne comme une horloge, mais plante lamentablement avec une ignoble erreur d'allocation mémoire dès que le joueur ose cliquer sur « Quitter ».

Repartir dans les tréfonds du code assembleur pour colmater la fuite aurait ruiné le calendrier commercial. Le programmeur Ken Demarest dégaine alors la rustine la plus sale et sublime de l'histoire du jeu vidéo : il ouvre le binaire dans un éditeur hexadécimal et remplace la chaîne de caractères du crash fatal par « Thank you for playing Wing Commander! ».

Bilan des courses : un crash propre, invisible, maquillé en formule de politesse d'entreprise. Une masterclass de bricolage punk dont l'industrie moderne continue de s'inspirer, l'élégance du geste en moins.


Source : Ken Demarest, post-mortem Wing Commander